Esclavage: François Hollande évoque une dette morale envers Haïti

Le président François Hollande a annoncé, ce dimanche (10 mai 2015), que la France va s’acquitter de sa dette “morale” envers Haïti, son ancienne colonie accédée à l’indépendance le 1er janvier 1804.

François Hollande a rappelé que « quand l’abolition de l’esclavage fut acquise, les anciens maîtres ont exigé d’être dédommagés ». « La monarchie de Charles X (…) réclama à la jeune République d’Haïti une indemnisation d’Etat de 150 millions de francs-or afin d’indemniser les colons qui le réclameraient », a-t-il dit. « Quand je viendrai en Haïti, j’acquitterai à mon tour la dette que nous avons », a ajouté François Hollande devant le président haïtien Michel Martelly.

Le chef de l’Etat français a fait cette déclaration à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) à l’occasion de l’inauguration du Mémorial ACTe, un Centre caribéen d’expressions et de mémoire de la traite et de l’esclavage.  Il s’agit toutefois d’une dette morale, selon le président français qui a ainsi rejeté les demandes de réparation financières liées à l’esclavage.

« Je sais le débat sur les réparations, il n’est pas épuisé », a ajouté François Hollande.  « J’ai repris à mon compte il y a déjà longtemps les mots d’Aimé Césaire quant à la nature irréparable du crime. Cependant, en lui donnant un nom et un statut par la loi de 2001, le Parlement français a accompli un acte de vérité, de courage et de justice, première des réparations », a soutenu le chef de l’Etat français tout en reconnaissant que l’esclavage est un crime contre l’humanité.

Haïti a dû payer à la France une indemnité de 150 millions de francs-or (soit l’équivalent de près de 21 milliards de dollars aujourd’hui) en vue de la reconnaissance de son indépendance. Cette somme colossale a été ramenée à 90 millions de francs-or en 183. Et les Haïtiens ont fini de la payer en 1883.

François Hollande sera à Port-au-Prince, ce mardi 12 mai, avec une imposante délégation de 300 personnes composée de plusieurs ministres du gouvernement de Manuel Valls, des entrepreneurs, des universitaires et des journalistes.

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