Gestion de l’EDH : Laleau rend la monnaie de sa pièce à Moreno

Le ministre de l’Économie et des Finances, Wilson Laleau, n’admet qu’aucun partenaire international – pas même la BID qui promet de verser 200 millions de dollars de don par an dans notre escarcelle –vienne remettre en question la gestion de l’EDH par le gouvernement haïtien. Et il le fait clairement savoir. Surtout si des engagements n’ont pas été tenus.

Ce mardi 22 décembre, sur les ondes de Magik 9, à l’émission Panel Magik, c’est un Wilson Laleau très remonté qui a rebondi sur les propos tenus par le président de la BID (Banque interaméricaine de développement), le Colombien Luis Alberto Moreno, dans les colonnes du quotidien Le Nouvelliste. Si le grand argentier de la République avoue n’avoir pas entendu de ses propres oreilles les déclarations que Moreno a faites dans le cadre d’une interview exclusive accordée au journal depuis le QG de la BID à Washington, il ne mâche pas pour autant ses mots lorsqu’il s’agit de remettre à sa place l’auteur de propos qu’il ne trouve pas du tout à son goût.

Wilson Laleau croit qu’il serait de bon ton « qu’une institution autonome, neutre, indépendante et internationale vienne évaluer la coopération de la BID en Haïti pour voir en quoi le gouvernement haïtien a dérapé par rapport aux normes établies ». « Tous les partenaires internationaux –la BID, le FMI, la Banque mondiale – ont pris part à la réunion au ministère de l’Economie et des Finances 7 mois de cela, ils ont établi un protocole sur la manière de réformer le secteur énergétique et les engagements de toujours ont été annoncés pour aider l’EDH», a rappelé Wilson Laleau qui se désole qu’au moment décisif de tenir ces engagements, au moment où nous avons le plus besoin de leur crédibilité, que de telles sorties dans les médias soient enregistrées. « On ne voit pas leur appui », poursuit Laleau, qui n’y va pas avec le dos de la cuillère.

En réaction aux propos de Luis Alberto Moreno qui s’est dit « frustré par ce gouvernement à cause de la manière dont il a géré l’ED’H », le ministre Laleau répond que « la frustration de Moreno est une frustration partagée ». « Il serait bon que Moreno analyse la situation et fixe les responsabilités de chacun sans accuser personne, ni tenir des paroles malheureuses », a ajouté ce dernier, très remonté.

Le jeudi 17 décembre dernier, le numéro un de la BID a déclaré à la rédaction que « le gouvernement [haïtien, ndlr] doit faire les réformes essentielles pour permettre à nos investissements d’avoir du succès». Il mettait en joue essentiellement le secteur de l’énergie électrique pour lequel, selon lui, le gouvernement haïtien a un mauvais carnet.

En outre, Wilson Laleau rappelle que, sur invitation de son ministère, 13 des 14 membres du conseil des gouverneurs de la BID se sont rendus en Haïti et, pendant une semaine, ils ont visité tous les projets et ont rencontré tout le monde. « Et le gouverneur du Japon a estimé que beaucoup de projets ont été réalisés, mais ces projets ne servent pas assez de levier pour aider le secteur [privé, ndlr] à se tirer d’affaires », a affirmé Laleau qui dit souhaiter que des opérateurs locaux (des ingénieurs, des firmes d’ingénierie) puissent profiter de chaque investissement réalisé par les partenaires internationaux.

« C’est ça ma position », a soutenu Wilson Laleau en dernier ressort, arguant que les constructeurs haïtiens se plaignent du fait qu’ils n’ont pas accès aux marchés passés par les bailleurs.
Patrick SAINT-PRE / le Nouvelliste

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