Gonaïves, 18 déc. 2015 [AlterPresse] —Une douzaine de décès et des centaines de personnes infectées de choléra sont enregistrés dans le département de l’Artibonite, en moins de deux mois, apprend l’agence en ligne AlterPresse.

Du début du mois de novembre jusqu’au 12 décembre 2015, le dernier rapport de la direction sanitaire de l’Artibonite fait état de 1,310 cas recensés dans l’Artibonite, où une flambée de l’épidémie de choléra est signalée.

« Durant les semaines épidémiologiques du mois de novembre, 537 personnes ont été hospitalisées de choléra, sur 837 cas recensés dans toutes les institutions sanitaires de l’Artibonite », indique le directeur sanitaire de l’Artibonite, Dr Nathan Zéphirin.

« Six cas de décès institutionnels, dont deux à l’hôpital Alma mater (Ham) de Gros Morne, trois à l’Hôpital la providence des Gonaïves (Hpg) et un au centre de santé Ali de Marmelade ont été enregistrés », précise-t-il.

Pour la première semaine épidémiologique du mois de décembre (1er au 7 décembre 2015), 138 personnes ont été hospitalisées de choléra, sur 236 cas reçus dans les structures sanitaires des communes de l’Artibonite.

Trois cas de décès – dont un à l’Hôpital la providence des Gonaïves (Hpg), un au centre de santé Toussaint Louverture d’Ennery et un autre cas survenu au niveau de la communauté des Gonaïves – ont été comptabilisés.

Du 6 au 12 décembre 2015, ont été hospitalisées 150 personnes atteintes de diarrhée aiguë sur 247 cas.

« Trois nouveaux cas de décès, dont deux à l’hôpital la providence des Gonaïves (Hpg) et un autre cas à l’hôpital Alma Mater de Gros Morne, ont été enregistrés », ajoute Nathan Zéphirin.

Les cas de personnes infectées ont été signalés à Labranle, 5e section communale des Gonaïves, à Pierre Payen, localité située à Délugé, 1re section communale de Saint-Marc (dans le bas Artibonite), dans toutes les sections communales de Gros Morne, à Ennery et à Saint-Michel de l’Attalaye.

La remontée de l’épidémie de choléra est beaucoup plus accentuée à Gros Morne (dans le haut Artibonite), où des cas de personnes infectées sont relevés dans le milieux rural et urbain de cette commune.

Certaines des sections communales de Gros Morne et Saint-Michel de l’Attalaye sont confrontées à un manque d’accès aux toilettes.

« Dans ces communes, les habitants ont construit de belles maisons sans toilettes. Ce qui les oblige à déféquer à même le sol », déplore Zéphirin.

Dans la quasi-totalité de ces sections communales, les habitantes et habitants négligent les principes d’hygiène. Ce qui serait à la base de la remontée de l’épidémie de choléra dans le département de l’Artibonite.

« Le Ministère de la santé publique et de la population (Mspp), dans le cadre de sa stratégie de lutte contre le choléra, a mis en place des centres de traitement de diarrhées aiguës dans toutes les communes. Dans les zones éloignées (des centres de décision), il y a la présence d’agents de santé polyvalents pour informer les gens sur la maladie (de choléra) ».

« Il revient aux habitantes et habitants d’appliquer les principes d’hygiène, comme laver les fruits et les légumes avant de les consommer, se laver les mains en sortant des toilettes et avant les repas », réitère le directeur sanitaire de l’Artibonite.

Seize communes des départements de l’Artibonite, du Sud-Est, du Nord, du Nord-Ouest et de l’Ouest – où se trouve la capitale Port-au-Prince – sont en alerte rouge, en ce qui concerne le choléra, a confirmé à AlterPresse, cette semaine, le Ministère de la santé publique et de la population (Mspp).

Au total, plus de 9 mille personnes sont mortes de choléra, depuis son introduction en Haïti par la force onusienne en octobre 2010.

Alter Presse

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