Haïti-coopération: Martelly et Hollande regardent l’avenir sans oublier le passé

En visite officielle en Haïti, le mardi 12 mardi 2015, le président Français François Hollande a honoré la mémoire de Toussaint Louverture, héros de l’indépendance d’Haïti, en déposant une gerbe de fleur au pied de son monument au champ de mars. Dans son discours, M. Hollande a reconnu que l’esclavage du peuple noir est une grave erreur du passé. Ainsi, ce dernier a promis à Haïti toute l’amitié et la solidarité sans faille de la France en vue de construire l’avenir.

‘’Je sais l’histoire qui nous lie’’, a lâché François Hollande par devant un public composé d’Haïtiens et de Français  au champ de mars à Port-au-Prince.

Dans ses propos, le chef de l’Etat français n’a nullement évoqué la question de la dette de l’indépendance. Ni l’aspect moral ni l’aspect financier n’a été cité.

Toutefois, M. Hollande s’est contenté de promettre au gouvernement haïtien un accompagnement au développement.

Par le biais de son président, la France s’est engagée à moderniser le système éducatif haïtien, à introduire toutes les nouvelles technologies dans les centres de formation professionnelle et universitaires haïtiens.

‘’On ne peut pas changer l’Histoire mais on peut changer l’avenir’’, a déclaré François Hollande qui est revenu sur la dernière phrase prononcée par Toussaint Louverture avant sa mort : ‘’en me renversant on a abattu le tronc de l’arbre de la liberté. Mais il repoussera, car ses racines sont profondes et nombreuses’’.

Fraternité ! Fraternité ! Fraternité entre les peuples français et haïtiens, c’est ce que prône M. Hollande qui dit croire en la potentialité d’Haïti.

Tant sur le plan économique, culturel et éducatif, la France a promis à Haïti un soutien sans faille. En fait, l’investissement français sera plus visible en Haïti, a-t-il insisté.

En conclusion, François Hollande qui a appelé le peuple haïtien à définir son destin en prenant comme boussole la démocratie, a rappelé aux Haïtiens leur devise qui est : ‘’l’Union fait la force’’.

Pour sa part, le président Michel Martelly, dans un discours prononcé peu avant son homologue, a reconnu les torts que la France à commis à Haïti en exigeant de cette ancienne colonie une dette après l’indépendance de 1804 (150 millions de Franc-or).

‘’Dette ignominieuse’’, ‘’dette destructrice’’ qui a cassé l’élan du peuple noir dans son combat pour la liberté, a martelé le président haïtien.

Sans s’attarder sur ce passé qu’il a qualifié de douloureux et d’irréparable, le chef de l’Etat haïtien a sollicité la mise en place d’une commission binationale franco-haïtienne en vue de l’élaboration d’un ‘’plan Marshall’’ axé sur la réforme de l’Education haïtienne. Une demande qui allait être prise en compte par le président français.

Une relation basée sur des échanges, c’est également ce que souhaite Michel Martelly qui estime qu’il est grand temps de sortir de la logique d’assistanat dans laquelle Haïti se complait.

Pour qu’Haïti puisse se développer durablement et atteindre une croissance économique à 2 chiffres, l’investissement français, sa technologie, son savoir-faire sont nécessaires, a souligné M. Martelly.

Notons que la visite du président français François Hollande en Haïti s’est déroulée sur fond de manifestation. Des dizaines de gens massés au Champs de mars réclamaient de la France la restitution de la dette de l’indépendance, évaluée à des milliards d’Euros et criaient ‘’ABA Martelly’’.

 

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