La France n’envisage pas de réparations financières liées à l’esclavage

Le président français, François Hollande, qui doit débuter ce matin une visite de quelques heures à Port-au-Prince, tout en dénonçant les horreurs de l’esclavage, a écarté les demandes de réparations financières.
Dimanche, lors de l’inauguration du Mémorial ACTe, Centre caribéen d’expressions et de mémoire de la traite et de l’esclavage à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), le président Hollande s’est engagé à “acquitter” la dette de la France envers Haïti.
Son entourage a précisé qu’il s’agit d’une déclaration exclusivement morale, et non financière.
“Je sais le débat sur les réparations, il n’est pas épuisé”, a déclaré François Hollande, rappelant que “quand l’abolition de l’esclavage fut acquise, les anciens maîtres ont exigé d’être dédommagés.” “La monarchie de Charles X réclama à la jeune République d’Haïti une indemnisation d’Etat de 150 millions de francs-or afin d’indemniser les colons qui le réclameraient”.
Le Conseil représentatif des associations noires (CRAN) a révélé qu’entre 1825 à 1946, les gouvernements haïtiens ont payé des sommes équivalentes à 21 milliards de dollars.
Le paiement d’éventuelles réparations pour l’esclavage et la restitution de la dette de l’indépendance avaient envenimé les relations franco-haïtiennes entre 2001 et 2004.
Durant cette période le président Jean Bertrand Aristide avait fait de la restitution son principal cheval de bataille sur le plan diplomatique.

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