La presse n’a pas pour mission de surveiller les citoyens – Note de l’ANMH

Dans une note, l’Association nationale des médias haïtiens (ANMH) recadre le commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Me Ocname Clamé Daméus, qui demande aux responsables de médias « toutes images et tous enregistrements sur supports audio-visuels pertinents relatifs à tous actes de banditisme et de violence commis au cours des manifestations.

L’Association nationale des médias haïtiens (ANMH) a pris connaissance avec stupéfaction de la note rendue publique par le commissaire du gouvernement, datée du 20 octobre 2017 mais diffusée le 23 octobre et adressée « aux responsables, directeurs et opérateurs de médias audiovisuels ».

Sans citer la moindre référence légale, le commissaire demande aux médias de se tranformer en auxiliaires de ses services dans la qualification  des actes commis sur la voie publique et de lui remettre images et enregistrements.

L’Association nationale des médias haïtiens (ANMH) trouve totalement déplacée cette demande. Aucun des médias membres de l’association ni aucun journaliste qui se respectent n’ont à servir d’indicateurs de police ou de justice.

Dans le cadre du maintien de l’ordre et dans le respect des prérogatives constitutionnelles et légales, il revient à la police et à la justice haïtiennes de bien faire leur travail avec les moyens mis à leur disposition par les lois de la République.

Faut-il rappeler au commissaire du gouvernement que la presse ne surveille pas les citoyens pour l’État ni ne rapporte leurs faits et gestes aux autorités? Ce n’est pas la mission des médias.

L’Association nationale des médias haïtiens (ANMH) demande à tout un chacun de rester  vigilant dans la défense et la sauvegarde des acquis de notre société de droit en construction.

Fait à Port-au-Prince le 24 octobre 2017

Frantz Duval

Président

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