La Unibank prête à contribuer au financement des élections mais à certaines conditions

Le gouvernement haïtien fait feu de tout bois pour trouver les fonds nécessaires pour la réalisation des prochaines élections, la communauté internationale ayant décidé de ne plus délier les cordons de la bourse. Le pouvoir exécutif compte sur la  générosité des citoyens haïtiens et des institutions du pays. La réunion qui s’est déroulée la semaine dernière au palais national entre le chef de l’État, les représentants du Forum économique, de l’Association professionnelle des banques, de la Unibank, de la Sogebank, de la Digicel et de l’Association haïtienne des économistes, entre autres, s’inscrit dans cette démarche. Carl Braun, qui représentait la Unibank à cette rencontre, a l’air bien emballé à l’idée que les élections soient financées par les Haïtiens.

« Je suis personnellement d’avis qu’Haïti finance ses élections», proclame le P.D.G. de la Unibank. « C’est un acte de souveraineté. Un acte normal pour un pays qui voudrait être normal», argumente le banquier confirmant la prédisposition de l’institution qu’il dirige  à contribuer au financement des élections. « Si l’État haïtien veut mobiliser des fonds et qu’on aura recours à des émissions de bons du Trésor garantis par la BRH en vue de créer un bridge zone, c’est-à-dire une facilité temporaire de financement,  la Unibank est prête», a-t-il dit sans sourciller. Le responsable de la banque rassure sa clientèle. Le choix de financer les élections n’aura aucun impact sur les fonds déposés à la banque par les clients. « Je ne vais pas mettre ma clientèle à risque», a déclaré Carl Braun trop content de contribuer au financement des élections et du même coup à la reprise du contrôle de l’appareil électoral qui, selon lui, a une importance capitale.

Le P.D.G. de la Unibank n’entend pas cependant délier les cordons de la bourse dans n’importe quelle condition. «Le budget doit être détaillé et transparent », exige Carl Braun, qui désapprouve les anciens budgets caractérisés, selon lui, par l’opacité et le gaspillage. Les détails ont pour lui une très grande importance. C’est dans le budget détaillé que ceux qui vont payer pour les élections peuvent voir la transparence et l’efficacité du CEP, note Carl Braun.  Puisque le budget sera élaboré et exécuté par les acteurs haïtiens, il ne voit pas la nécessité que tout soit porté en dollars alors que certaines dépenses vont être faites en gourdes.

L’idée de créer un compte bancaire  sur lequel les citoyens haïtiens pourront déposer leurs contributions pour l’organisation des élections a été également évoquée lors de la rencontre du 20 juillet dernier. Carl Braun monte à bord mais ne souhaite pas que l’initiative soit une réplique du projet Voye Ayiti Monte (VOAM) qui, selon lui, a été géré dans l’opacité. Cette structure a été créée par des citoyens haïtiens en 1991 dans le but de collecter des fonds pour financer les activités du gouvernement de Jean-Bertrand Aristide.  Le fonds devrait été créé par une entité ayant une personnalité juridique, le CEP par exemple, qui est assujettie aux règles de la comptabilité publique.

Il propose par ailleurs de monter un comité de gestion du fonds qui pourrait regrouper des membres de l’OCPAH, de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif et de l’Association des économistes d’Haïti et qui auront pour obligation de soumettre des rapports sur une base régulière et transparente.

Selon le Conseil électoral provisoire, les élections coûteront 55 millions de dollars américains.

Source le Nouvelliste

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