L’Allemagne adopte la double nationalité

Plus besoins de choisir entre la citoyenneté allemande et celle de son pays d’origine. L’Allemagne vient d’adopter une nouvelle loi qui permet à tous les Allemands d’origine étrangère d’obtenir la double nationalité. Jusqu’à présent, un jeune né de parents immigrés devait, à 23 ans, choisir entre garder son passeport d’origine ou l’échanger pour un allemand. Il peut désormais obtenir deux passeports, s’il a vécu huit ans dans le pays, ou y a étudié au moins six ans. La loi Allemande sur la nationalité, modifiée en 2000, ne reconnaissait la double citoyenneté que dans des cas exceptionnels, tels que ceux ouverts par l’adoption, ou ceux concernant les ressortissants des pays de l’Union européenne et de la Suisse.

Ce changement concerne surtout les 3 millions d’immigrés turcs qui vivent en Allemagne. «C’est une immigration subie: ils n’ont pas eu le choix,» explique Catherine Verdier, psychologue et psychothérapeute. «C’est pour des raisons politiques et économiques qu’ils ont fui leur pays. Cette nouvelle loi va leur permettre de s’intégrer pleinement au système, tout en gardant leurs origines et leur identité culturelle».

«Un train de retard»

L’opinion des Allemands sur cette nouvelle loi est encore partagée. Pour certains, il faut choisir: être allemand ou étranger. Le maire des quartiers à forte immigration de Neuköln à Berlin, Heinz Buschkowsky, estime qu’avoir la double nationalité n’a pas seulement pour objectif de «faciliter les voyages», mais permet aussi de choisir les meilleurs systèmes de santé, de sécurité sociale et de droits à la retraite. Il a également déclaré au tabloïd Bild que l’autorisation de la double nationalité «encourage la criminalité».

Mais une bonne majorité d’Allemands, rapporte la presse d’Outre-Rhin, soutient cette nouvelle loi et l’accueille avec bienveillance. D’après le Parti social-démocrate (SPD) et les Verts, l’Allemagne avait «un train de retard»: cette nouvelle loi «reflète la réalité de la société multiculturelle de l’Allemagne».

Le Figaro

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