Le rapatriement des haïtiens de la République Dominicaine se poursuit

Plus de 300 migrants-es haïtiens ont été expulsés d’Ortega, municipalité de Moca, dans la partie Sud-est de la Province dominicaine ‘’Espaillat’’.

Selon le GARR , cette situation s’est produite le mercredi 8 avril 2015 suite au décès d’un Dominicain dénommé Carlos José Núñez Gómez, un chauffeur de taxi-moto,

En effet, M. Gómez avait été porté disparu depuis le 6 avril écoulé. Deux jours après, son corps sans vie a été retrouvé ligoté à Rancho Viejo (Las Vega). Ce meurtre a été attribué à la communauté migrante haïtienne résidant dans la zone. Car, un membre de la famille du défunt a prétexté que les deux derniers passagers que transportait Carlos José Núñez Gómez seraient de nationalité haïtienne.

Ce qui a provoqué de vives persécutions à l’encontre de la communauté migrante haïtienne résidant dans la zone. Des ressortissants-es haïtiens ont été battus. D’autres ont vu détruire leurs biens et maisons sous la furie des Dominicains armés de bâtons et de machettes sous les yeux complices des agents de la police dominicaine.

 

Suite aux critiques des organisations de la société civile dominicaine, la police a procédé, dans la matinée du vendredi 10 avril 2015, à l’arrestation de 11 ressortissants dominicains qui seraient responsables des actes de brutalité dont sont l’objet les migrants-es haïtiens.

 

Luis David Beato Hernández, 22 ans, Antonio José Pérez Fabián, 21ans, Nelson Núñez Veras, 39ans, José Gregorio Hernández Rodríguez, 24 ans, Ambioris Antonio Hernández Rodríguez, 19 ans, José Manuel Ortega Hernández, 19 ans, Henry Manuel Núñez Veras, 38 ans, Adrián Ovalles Jiménez,  18 ans, Ariel Paulino Pérez, 25 ans, Edwin Guzmán, 34 ans et Rafael Grullón Veras, 25 ans, sont les personnes qui ont été arrêtées.

 

Ce n’est pas le premier incident de ce genre dont est victime la communauté migrante haïtienne vivant en territoire dominicain. Le 22 novembre 2013, suite au double meurtre d’un couple dominicain à Neiba, Sud de la République Dominicaine, des Dominicains avaient violemment attaqué des ressortissants haïtiens et assassiné quatre d’entre eux. Des centaines de migrants-es haïtiens originaires pour la plupart de Cornillon/Grand-Bois (Ouest d’Haïti) étaient contraints de rentrer chez eux en s’enfuyant dans les montagnes. Entre temps, d’autres avaient été violemment rapatriés à la frontière de Jimani/Malpasse.

Le GARR déplore ces actes répétitifs qui sont contraires au respect des droits humains. Il en profite pour rappeler que lors de la dernière rencontre bilatérale entre les chanceliers haïtien et dominicain, Duly Brutus et Andres Navaro, des promesses visant à promouvoir la paix sur l’île avaient été faites. Il revient maintenant aux autorités insulaires de travailler pour freiner tout sentiment susceptible de semer la discorde entre les deux peuples voisins.

 

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