A la Une: Baltimore, six policiers poursuivis

La procureure de Baltimore, Marilyn Mosby, a décidé de poursuivre six policiers impliqués dans l’arrestation de Freddie Gray, un Noir de 25 ans décédé des suites de blessures subies après son interpellation. C’est à la Une du site du Baltimore Sun. Les agents déjà suspendus doivent répondre de plusieurs chefs d’inculpation dont ceux de meurtre et de violences volontaires. Selon la procureure, citée par le Baltimore Sun, Freddie Gray a été victime d’une grave blessure au cou après avoir été menotté à l’intérieur d’un fourgon de police. Elle a ajouté que les policiers lui avaient refusé une aide médicale, alors qu’il l’avait réclamée à au moins deux reprises. L’autopsie du corps est en cours, précise le journal.

En attendant la suite de l’enquête, la maire de la ville a lancé un appel au calme à travers les médias. « Tout le monde doit rester patient et vigilant pendant que la justice fait son chemin », à déclaré Stephanie Rawlings-Blake dans les colonnes du Baltimore Sun. Avant d’ajouter : « La famille de monsieur Gray veut des réponses. Moi je veux des réponses. Notre ville toute entière mérite des réponses concernant la mort de monsieur Gray. »
 
Le racisme aux Etats-Unis épinglé par la presse
 
Selon le New York Times, la réalité à Baltimore ne correspond pas au schéma traditionnel : « policiers blancs + un suspect noir = une personne noire morte ». Contrairement à Ferguson, New York ou Chicago, des villes dirigées par des Américains blancs, la maire de Baltimore est afro-américaine, le chef de la police est afro-américain et la majorité des élus sont afro-américains. « En absence d’institutions gouvernées par des Blancs », poursuit le New York Times, « le débat s’est vite focalisé sur l’échec de la culture noire ». Les autorités de la ville et le président Barack Obama ont qualifié les jeunes impliqués dans les émeutes de criminels et de voyous. Encore une fois, l’association « culture noire = culture dégénérée » est peut-être trop vite faite, estime le journal. Mais ce qui est en cause, conclut le New York Post, ce n’est pas la culture noire, c’est une culture politique toujours imprégnée de préjugés racistes.
 
« Les émeutes [] sont venues à nouveau mettre en exergue le fait que la société américaine est encore loin d’avoir guéri de son racisme », écrit Le Devoir. Et le journal francophone de continuer sur un ton fataliste : « Il y aura d’autres Ferguson et d’autres Baltimore, forcément. La frustration ne demande pas de permis de manifester. Ces émeutes sont une réaction parfaitement compréhensible, pour ne pas dire légitime, à un pouvoir et à une opinion majoritaire qui entretiennent l’idée et le mensonge que la discrimination culturelle et systémique à l’égard de la minorité noire — en éducation, en santé, en emploi — a magiquement disparu avec les lois fédérales antiségrégationnistes des années 1960 ».
 
Les manifestations du 1er mai  
 
« Ya estamos en marcha », nous sommes déjà en marche, titre le journal cubain Granma. Des centaines de milliers de Cubains célèbrent « la patrie et la révolution ». Invité d’honneur au défilé : le président vénézuélien Nicolas Maduro. Il faut dire que la fête a été un peu gâchée pour cause d’intempéries. La Havane a été frappée par des pluies diluviennes. Au moins trois personnes sont mortes et on compte plus 10 000 sinistrés, selon El Nuevo Herald, s’appuyant sur les chiffres des autorités cubaines.
 
Le retour de Buena Vista Social Club

C’est à la Une d’El Nuevo Herald, la version espagnole du Miami Herald. « Personne ne veut que le Buena Vista Social Club s’arrête », confie le guitariste Eliades Ochoa, l’un des fondateurs du groupe. Le groupe débute dimanche prochain à Paris sa tournée mondiale. De la formation originale, créée il y a 19 ans, il ne reste que cinq membres. Qu’importe, le groupe fait toujours salle comble, écrit El Nuevo Herald. Et si cela ne tenait qu’à Eliades Ochoa, rien n’arrêtera le Buena Vista Social Club. « Je veux que l’aventure continue », confie le musicien au Nuevo Herald.

RFI

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